• J'allaite et je pleure

    Allaitement

    Ce billet n'a pas pour objet de débattre du fait d'allaiter au sein ou au biberon.
    Il s'agit juste de mon choix, de l'histoire de cet allaitement là en particulier (spécifique à ma personne, à mon bébé, à ce moment là, dans ces conditions là)
    et de comment je le vis.

    Un témoignage.

    Pour moi l'allaitement maternel (AM) était une évidence, une volonté. Certainement influencée par l'histoire d'une mère ayant allaité au sein mon frère et moi tout en fournissant le lactarium [j'ai un certificat dans mon carnet de santé de remerciement pour l'allaitement de 3 prématuré du service néonat de l'hôpital de Nantes ^^].

    Je me suis beaucoup renseignée, j'ai bcp lu, j'ai fait une séance de préparation dédiée à ça avec ma SF libérale et on m'a assuré que l'AM était bien encouragé à la mater où j'allais, avec une consultante en lactation. J'étais donc motivée à bloc car j'avais bien compris, sans trop savoir à quel point, que la motivation était un des facteurs clefs.

    Mais quand j'ai pu remonter dans la chambre après la césa et que la SF m'a aidé à faire une 1ère mise au sein, deux difficultés sont apparues : Willow a un gencive supérieuree très épaisse et moi un téton plat....pas moyen d'obtenir une bonne "ventouse".... ça a été une grosse désillusion, je me suis dit "c'est foutu...T_T"


    Et puis la SF m'a proposé d'essayer avec des bouts de sein en silicone. Suite à mes lectures, j'avais anticipé par rapport aux éventuelles crevasses et j'en avais dans mes affaires. Mais pas de bol, le modèle AVENT que j'avais choisi ne convenait pas, trop gros pour un nourrisson. La SF m'a conseillé ceux de la marque MEDELA ou DODIE. En théorie, la maternité pouvait en fournir en allant à l'accueil... malheureusement ils n'en avaient plus. Le Squal a donc tenté sa chance à la pharmacie du coin et est revenu 1/2h après avec des bouts de sein DODIE en effet plus petit ce qui a permi à mon nelwyn de bien attraper à pleine bouche et de faire une succion satisfaisante.

    Par contre, avec sa gencive épaisse, c'était très douloureux car il m'écrasait/pinçait complètement le téton. Je n'ai pu voir la consultante en lactation que le 3e jour (j'ai accouché le we) et là elle m'a montré comment forcer la position de la tête de Willow pour l'obliger à ouvrir plus grand et l'empêcher de me pincer, mais je devais beaucoup forcer sur sa tête et du coup la posture était difficile à tenir sur de longues tétées. Elle m'a rassuré en me disant qu'à force de tétées mes tétons devraient prendre un peu plus de forme et qu'en grandissant la bouche du nelwyn permettrait peut-être une prise plus facile... et potentiellement ne nécessiterait plus l'utilisation du bout de sein.

    Mais lors de la 4e nuit, il a été infernal, pas moyen de le rendormir, je me suis retrouvé à le laisser au sein presque 1h20 au total....mais je finissais par le retirer toutes les 2-3min tellement j'avais mal  (je finissais par l’éjecter de mon sein presque violemment tellement c'était insupportable, l'impression qu'on m'arrachait le téton en le pinçant avec les ongles) et je voyais apparaitre des petites pustules de sang qui annonçaient le début de crevasse :(. J'ai fini en crise de larmes à appeler la SF de nuit. C'est là que tout aurait pu se jouer car elle n'a pas su m'aider (elle avait une garde difficile apparement) et m'a seulement proposé de lui donner un biberon... mais ce n'est pas ce que je voulais entendre, ce n'est pas la solution que je voulais mais j'avais tellement mal, je me posais tellement de questions, je me disais que c'était impossible avec toute la meilleure volonté du monde de continuer à ce prix là .... Mais pour moi ça voulait dire l'échec, j'avais besoin de beaucoup y réfléchir pour me faire une raison ; sur le coup j'ai donc refusé, tout en passant la nuit à pleurer en donnant le sein tant bien que mal dans la limite de l'insupportable....et à ressasser mes angoisses de peut-être passer au bib au matin....mais je souhaitais avoir l'avis de la consultante en lactation pour confirmer ce choix....

    Le lendemain matin, c'est donc en pleure complètement et en déconfiture que tout le personnel de jour et mon mari m'ont trouvé dans la chambre. La consultante a donc pris du temps avec moi pour revoir une tétée ensemble....et là, aucune douleur, une tétée presque agréable d'une durée normale, un Willow apaisé, repu.... Et puis, quelle surprise de voir que dans le bout de sein, le liquide était devenu plus blanc...ma montée de lait était en train de se faire ^^, ce qui pouvait expliquer les sensations si douleureuses de la nuit. J'étais vraiment désabusée de me rendre compte à quel point un acte si naturel pouvait être aussi compliqué à maîtriser... pourquoi devait-on passer par autant de douleur ?!! (comme si on avait déjà pas assez souffert pendant la grossesse et ensuite pendant l'accouchement...). La consultante m'a expiqué que c'était un vrai investissement pour chacune et chaque bébé et que je n'étais pas seule à vivre ça, des cas différents mais toujours avec ses propres difficultés dans quasiment toutes les chambres de l'étage...


    J'ai donc repris un peu confiance, la journée de tétées s'est super bien passée mais l'angoisse est un peu revenue à l'approche de la nuit. Les 2 premiers tiers de la nuit se sont plutôt bien déroulés, mais la fin de nuit a de nouveau été terrible, Willow était de nouveau extrêmement excité et pas moyen de le rendormir malgré une succession de tétées très longues et douloureuses... les larmes sont revenues, le doute avec.... non décidément je ne pourrais pas faire toutes mes nuits comme ça....
    Re-discussion avec la consultante le lendemain matin, et là elle m'explique que le lait de la nuit est très chargé en prolactine qui stimule encore plus le petit à téter...et à sucer... et là je comprend donc qu'au bout d'un moment ce n'est plus la faim qui incite willow a réclamer le sein mais simplement un grand besoin de succion pour calmer son énervement... Et pour m'encourager, une très bonne nouvelle à la pesée du matin, le petit loup a entamé sa reprise de poids +50g, la SF me félicite et me donne vraiment la niak de continuer, mes efforts payent. Je décide de m'accrocher.


    J'attaque la dernière nuit à la mater. C'est un peu la nuit test avec la pesée le lendemain qui décidera si je peux sortir le lendemain ou non... Je décide donc de tenter le tout pour le tout, avec tous les éléments qu'on m'a donné et toutes les petites choses que je comprends au fur et à mesure. J'arrive à gérer mes 3 tétées de la nuit. Dès que je ressens de la douleur et que la tétée dure plus de 20min, je stoppe et j'opte pour un substitut de succion qui fonctionne à merveille: "mon index". Pas de culpabilité, j'avais besoin de repos cette nuit là et donc je n'ai pas hésité à le prendre dans le lit avec moi le temps qu'il se rendorme. La nuit est passée ainsi toute seule et le lendemain matin, la SF était toute heureuse de me trouver sereine. Puis ce fut l'épreuve de la balance avec tout le personnel, et j'ai limite eu le droit à des applaudissements quand la mesure a indiqué que Willow avait rattrapé d'un coup son poids de naissance !!! Une vraie victoire et une belle leçon pour moi : oui j'avais souffert, je souffrirai encore dans la mesure de mes limites mais malgré tout mon corps a répondu et à ce moment là j'étais sûre que j'étais capable de nourrir correctement mon fils.

     

    De retour à la maison, le rythme a été relativement facile à tenir pendant les 15 premiers jours. Ma montée de lait a été tellement efficace que je me suis retrouvé avec un début d'engorgement et de grosses inondations dans la nuit... Difficile de me passer des coussinets car dès que je retire mon soutien-gorge, je dégoutte du lait très vite [assez pénible le temps de s'essuyer après la douche ou encore dans une cabine d'essayage pour acheter des soutifs ^^]. Je fais l'erreur une fois de m'endormir avec des coquilles pour soulager la tension dans les seins.... l'humidité m'a réveillée : la coquille est à moitié remplie, le reste ayant débordé et imbibé ma chemise de nuit !! :/

    Malgré cette bonne production de lait et une grande majorité des tétées sans trop de sensation, certaines restent très douloureuses, à serrer les dents. Quand c'est le cas dans la journée, j'arrive à serrer les dents et à dévier mon attention en regardant la télé... mais la nuit c'est très difficile avec la fatigue et il est parfois difficile de ne pas craquer.

    On m'assure que c'est le début qui est douloureux et qu'avec les semaines qui passent ça sera de moins en moins sensibles... j'essaye d'y croire car pour le moment, même quand ça ne me fait pas mal à proprement parler, je n'apprécie pas vraiment la sensation de titillement du téton [ça a toujours été une zone très sensible chez moi...mon mari peut en témoigner ^^] et ça a tendance à m'agacer si je ne m'occupe pas par ailleurs : je ne peux donc pas allaiter sans rien faire à côté ; regarder la télé, discuter ou même me concentrer sur un jeux [le jewels de mon téléphone me sauve la vie la nuit !!].

    Et pourtant, je ne souhaite pas arrêter. Je suis contente de voir que mon fils grossit et profite bien. Je trouve ça quand même très pratique par rapport à tout le bazar que ça serait de fonctionner avec des biberons à préparer... sans parler du coût financier. Alors voilà, j'allaite...mais régulièrement j'en pleure.... et j'envie les femmes qui peuvent le faire avec plaisir et je comprend celles qui ont choisi de passer à l'allaitement mixte ou au biberon exclusif. Je suis d'ailleurs en train de m'organiser pour essayer de tirer un peu mon lait pour faire une petite alternance avec un biberon donner par le papa (à tester biensûr, c'est pas dit que le nelwyn soit d'accord), histoire de m'économiser.

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Mai 2011 à 14:35
    madamezazaofmars

     

    Si c'est ce qui te vas a toi, qui va a ton bébé, et qui te rend heureuse alors c'est bien de t' accrocher. Il est tres beau ton temoignage.

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    2
    Mardi 3 Mai 2011 à 14:44

    tu as beaucoup de courage, et on ressent beaucoup d'emotions dans ton temoignage. c'est vrai que bien souvent les debuts sont difficiles, mais tu verras,quand tu auras bien trouvé tes marques, la suite ne sera que du bonheur !!

    3
    Mardi 3 Mai 2011 à 22:19

    Merci pour ton témoignage! Il me rapelle un peu des "souffrances" endurées lors de mes deux allaitements... Bon courage à toi....

    4
    Mercredi 4 Mai 2011 à 00:42

    Je ne suis qu'à 22SA mais tous les témoignages que je lis sur l'allaitement ont l'air d'aller dans le même sens, c'est loin d'être facile et il faut beaucoup de courage! J'espère que j'aurais autant de perséverance que toi et que je me souviendrais de certains trucs que tu livres ici.

    5
    Mercredi 4 Mai 2011 à 11:16

    Merci pour votre soutien.

    Delph : oui, il faut s'accrocher et surtout ne pas hésiter à discuter avec une consultante qui trouvera comment t'aider

    6
    Mercredi 4 Mai 2011 à 12:42

    l'allaitement n'est pas toujours facile, j'ai galéré et j'ai pleuré aussi!

    je te comprend tout à fait

    7
    Samedi 7 Mai 2011 à 00:42
    Eugénie-12

    Courage !  Et félicitations pour tout l'investissement que tu donnes à ton enfant. C'est dur et tu restes disponible pour lui malgré tout.
    J'ai eu moins de chance à mes débuts. Après ma césa, l'équipe a été très stressante et la montée de lait n'a jamais été suffisante... Stress + fatigue ont eu le dernier mot... Et c'est dur, après une césarienne, de devoir faire 'le deuil' de l'allaitement.
     

    C'est la première fois que je passe sur ton blog. Merci de partager tout ça avec nous. Parfois, on a l'impression que l'allaitement est naturel alors on se dit "pourquoi je n'y arrive pas?" ; mais beaucoup de mamans passent parle là mine de rien.

    Tiens le coup !

    8
    Samedi 7 Mai 2011 à 11:07

    merci bcp eugénie. J'imagine bien ton état d'esprit si tu as dû te résigner à passer au biberon. C'était plus fort que moi, je me sentais moins que rien, moi qui n'avait pas été "capable" de faire naitre mon bébé naturellement, je n'arrivais même pas à le nourrir.... c'était un sentiment atroce...on se dit qu'on ne mérite pas d'être maman Alors en plus si on n'a pas le soutien du personnel de la mater...c'est vraiment affreux

    9
    Samedi 7 Mai 2011 à 11:25

    L'allaitement c'est un acte naturel mais pourtant pas forcément facile à installer. J'ai tenu 2 mois et ça a été un déchirement d'arrêter mais c'était ça ou je devenais cinglée. Des douleurs énormes, des seins comme des obus, prêts à imploser, des engorgements qui n'en finissaient plus... obligée d'extraire manuellement mon lait toutes les deux heures y compris la nuit... je n'en pouvais plus.

    Je suis triste d'avoir cessé aujourd'hui... mais c'était sans doute mieux ainsi.

    Ma puce continue de prendre du poids normalement... et puis je me dis que je lui ai au moins donné 2 mois de moi...

    Quoi que tu fasses, tu feras toujours ce qui est le mieux pour toi et ton bébé... il faut en être persuadée.

    Bisous et bon courage !

    10
    Samedi 7 Mai 2011 à 14:56

    tout à fait, on verra bien combien de temps je vais tenir, si ça va devenir plus facile ou si ça va empirer... il y a des limites qu'on ne peut pas supporter car si nous ne sommes pas bien, notre petit n'en profitera pas.

     

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