
ça y est c'est fini
Vendredi dernier, j'ai donné la dernière tétée.
Une tétée du matin, où il a bien bu pourtant...
Mais voilà, ça faisait déjà 1 mois que c'était presque à chaque fois une galère.
Avec le passage aux biberons [que je ne regrette absolument pas puisque ça a eu des effets très positifs sur la prise de poids d'un côté mais aussi sur la satiété et donc le calme qui est apparu], le lait déjà peu nourrissant s'est raréfié... car avec seulement deux tétées par jour, j'avais bien peu de chance de garder une lactation efficace bien longtemps. Les tétées ne suffisaient plus du tout, la nounou se retrouvait à donner un bib à 9h30 soit à peine 1 heure après... et le soir, c'était plus un câlin pour l'endormissement à 20h qu'autre chose après le petit pot et le bib réclamé à 19h-19h30.
Dans le meilleur des cas, il jouait 5min avec, soufflait quand il avait le téton dans la bouche...et ça le faisait marrer avant de tétouiller en peu en grognant comme il le fait quand il s'endort tout seul dans son lit. Dans le pire des cas, il était complètement énervé, tirait dessus et finissait par se cambrer en hurlant, même en alternant de sein plusieurs fois par tétées et en effectuant des compressions pour faire couler plus vite... rien de tel pour se retrouver à déprimer et à culpabiliser...
Mais la moitié du temps où ça se passait quand même pas trop mal, c'était tellement satisfaisant et zenifiant de le sentir bien calme contre moi et de le sentir s'abandonner, endormit sur moi... de prendre le temps de l'observer, de lui caresser la tête, le dos ou l'intérieur des cuisses... de réaliser à quel point il avait grandi.... bonheur particulier et il m'est impossible de décrire pourquoi je ne ressens pas tout ça quand je donne le bib... et que malgré les contraintes et la douleur psychologique que je ressens quand ça ne se passe pas bien, je sois si mal à l'idée de devoir tout arrêter et perdre ça.
Mystère, alors juste admettre, laisser tomber l'analyse, accepter que l'inconscient prenne le contrôle...
Pour ça, la lecture du livre "Bien vivre l'allaitement", de M.Allard et A.Desrochers [ed. Hurubise], conseillé par LMJ et La Poule Pondeuse, m'a beaucoup aidé.

Quand je me suis vu pleurer comme une madeleine quasiment à chaque paragraphe avec parfois quelques phrases toutes simples telles que :
"La réussite d'un allaitement réside dans le degré de satisfaction que chaque mère et chaque bébé tirent de leur relation d'allaitement"
"Il n'y a pas de modèle unique et figé d'allaitement. Existe seulement celui qui se vit au quotidien, bouge au gré des circonstances heureuses ou malheureuses. Le plus souvent, au fil du temps et des expériences, le bonheur et la lassitude s'entremêlent, la fatigue et le bien-être se côtoient et, parfois, l'envie de continuer ne revient que si l'on a d'abord tout arrêté."
J'ai réalisé à quel point mes sentiments à ce propos étaient hors de mon contrôle et en même temps la sérénité par rapport à ce que j'allait faire à grandi au fur à mesure de ma lecture.
Encore la semaine d'avant, je lançais un petit appel au secours via quelques commentaires sur les blogs des copinautes, recevait leur conseil et leur sollicitude avec espoir, passait une commande de "coup de pouce à l'allaitement" de Néobulle et de tisane d'allaitement chez Bambinou... en même temps que la commande du livre via la librairie québécoise Renaud-Bray car indisponible en France. Et il ne m'aura suffit que d'un après-midi de lecture pour ranger mon petit flacon dans un placard [validité jusqu'en 2014... pour bb2 qui sait ^^] et me dire que j'allais quand même boire mes tisanes de temps en temps pour pas faire de gâchis ^^.
Je me permet ici de reprendre une partie de l'interview des auteurs proposée par LMJ car c'est en fait le message principal que j'ai retenu de ma lecture, à ce moment là, ce que j'avais besoin d'entendre et qui m'a aidé à prendre ma décision... en me donnant le droit de laisser s'exprimer des émotions que je ne comprends pas ou que j'ai peur de comprendre :
"Dans Bien vivre l’allaitement, nous présentons le sevrage comme une partie intégrante de l’allaitement et l’abordons dans sa globalité. Nous le célébrons aussi, comme un rite de passage important pour l’enfant et ses parents.
Quant au deuil de l’allaitement, c’est un aspect qui n’est jamais traité, mais souvent vécu. Que l’allaitement se passe bien ou mal, que le sevrage soit souhaité ou non, il est normal de se sentir déboussolée pendant quelque temps. L’allaitement ce n’est pas seulement donner du lait à un bébé, c’est un geste qui demande investissement et ouverture. Il remue toutes sortes d’émotions, positives comme négatives. Notre société a du mal à concevoir qu’une femme puisse avoir de la peine, ou de la colère, suite à un allaitement. Bien vivre l’allaitement explore ces émotions et en permet l’expression."
J'ai donc décidé d'arrêter. Et pour ça, il a fallu que j'arrive [enfin que j'essaye de me persuader, et ce n'est pas encore évident dans certains moments de blues] à voir mon expérience d'allaitement comme quelque chose de bien, de positif et de réussi au lieu de le voir comme une galère, comme une bataille contre la nature qui ne m'a pas aidé : allaitement exclusif avec des bouts de sein quasiment du début à la fin et problème de satiété et de poids du Nelwyn qui m'ont beaucoup fait culpabilisé... surtout quand j'y ajoute un sentiment d'échec [complètement con je le sais bien mais c'est viscéral et non pas raisonné] par rapport au fait d'avoir dû recourir à une césarienne pour le mettre au monde [je vous le disais, c'est ridicule]. Comme si je n'avais pas été capable d'assurer les deux choses de base de la maternité dans le monde animal: donner la vie et nourrir. Oui, finalement je l'ai analysé... c'est psychologiquement dur car hors de tout discours raisonnables. C'est au-delà de l'intellect... c'est comme un message lancinant du fin fond de l'inconscient basé sur une image complètement fantasmée de la "bonne mère".
Ma lecture m'a permis d'accepter un peu mieux cette culpabilité avec cette phrase qui fait écho au plus profond de moi et me tire encore les larmes en la reprenant ici :
"Une fois le sevrage achevé, pourquoi ne pas célébrer votre allaitement ? Même s'il n'a pas été idéal ou si vous n'avez pas atteint tous les objectifs que vous aviez en tête, attardez-vous au chemin parcouru, aux bons moments que vous avez eus. La tristesse de perdre quelque chose doit laisser la place à la fierté de ce que vous avez accompli"
Voilà comment je me suis donné une petite semaine pour sevrer complètement. Supprimé la tétée du soir en gardant le fond du biberon de 19h30 pour lui donner à la place juste avant le coucher et en ajoutant quelques cuillères de céréales infantiles dans le bib du matin histoire de mieux le caler pour qu'il tienne jusqu'à celui de midi. Et le passage au lait maternisé relais 2è âge... Tout un tas de petites modifications pour compenser en quelque sorte.
Le we s'est très bien passé sans tétée, mais depuis le début de la semaine, le rhume a débarqué avec de la fièvre depuis bientôt 48h [première fois que ça arrive... comme par hasard !] et donc en le voyant pleurer, grogner et chouiner... je regrette de ne pas pouvoir lui donner le sein car c'est tout de suite facile de se dire que ça se trouve ça l'aiderait à se calmer... mais bon, j'essaye de me dire que bien d'autres bébés nourris aux biberons ont de la fièvre et leurs parents n'ont pas le choix et gèrent comme ça donc n'il n'y a pas de raison ^^.
Alors, pour encore mieux le vivre, j'ai retenu l'idée des auteurs du livre de mettre en place une espèce de célébration de cette étape. J'ai donc décidé de faire le point sur tous les aspects positifs du sevrage de mon point de vue :
